L’association Free People nous a fait parvenir un rapport détaillé de l’action de Madame Maria Ermachova auprès de six enfants ukrainiens faisant face à des divers troubles psychologiques dans le contexte de guerre que traverse leur pays.
Ces enfants présentaient des symptômes de dépression, anxiété, ochlophobie, claustrophobie, crises de panique, etc.
Deux adolescents n’ont plus besoin de suivi régulier suite à la série de sessions, les 4 autres nécessitent encore des soins. Ils ont adressé, ainsi que certains de leurs proches, quelques témoignages sur leur expérience : en voici quelques extraits.
Anna Z. – 17 ans, Kryvyï Rih, réfugiée à Aix-les-Bains. La guerre a bouleversé ma vie du jour au lendemain. Je pensais que je ne tiendrais pas plus que quelques années… Je comprenais qu’il n’y aurait plus jamais de retour en arrière. Grâce à ce projet, j’ai commencé à reconstruire mes ruines intérieures. Le plus important, c’est que je ne laisse plus la guerre me briser intérieurement. J’apprends à transformer cette douleur en force, pour vivre, agir et trouver de la joie même dans les moments sombres.
Vous m’avez sauvée à un moment où j’étais au bord du gouffre. Votre chaleur et votre soutien sont un véritable salut dans cette période effrayante. Je souhaite exprimer ma profonde gratitude envers ce projet caritatif et l’incroyable psychologue Maria.
Eva G. – 13 ans, Kharkiv. Une roquette ennemie a frappé notre maison. Cela a divisé ma vie en avant et après. J’ai été blessée à la jambe par un éclat, mais ce qui faisait vraiment mal, c’était d’entendre les cris des voisins qui suppliaient à l’aide. À ce moment-là, une autre roquette arrivait et j’ai compris que ce jour allait être soit notre seconde naissance, soit notre dernier jour. Et ça, c’était la vraie douleur. Maria m’a aidée à surmonter tout cela, à avancer, à ne plus avoir peur de rien, jamais ! Et à devenir une meilleure version de moi-même. Je lui en suis très reconnaissante, ainsi qu’à tous ceux qui ont organisé ou soutenu ce projet d’une manière ou d’une autre !
Ivan S. – 17 ans, Dnipro. Après la pandémie et le début de la guerre, les écoles et universités sont passées à l’enseignement à distance. Je passais énormément de temps seul entre quatre murs. La plupart de mes connaissances était partie à l’étranger, et il était difficile de me socialiser et, combiné à la pression mentale de la guerre, cela m’a conduit à ne plus rien attendre de la vie : plus de hobbies, plus d’amis, plus de but. Rien. La fin de mon premier semestre d’université était un moment très difficile, j’étais au bord de l’échec, et sans l’aide de Maria, je ne sais pas si j’aurais pu passer mes examens. Avoir quelqu’un à qui parler de moi était précieux. Ce que j’aime, c’est qu’on peut choisir les sujets. Parfois, ce qu’elle dit, j’y avais déjà pensé moi-même, mais en parler ensemble donne un élan — comme un coup de pouce. Même quand on sait quoi faire, on n’arrive pas toujours à avancer seul.
Parents d’Ivan S. Le savoir-faire de Maria a aidé notre fils à devenir plus sûr de lui, plus ouvert. Pour être honnête, nous ne croyions pas que quelqu’un pourrait vraiment l’atteindre, tant il était renfermé et coupé du monde. Mais nous avons compris que vous avez un petit « pouvoir magique » 😉 et votre travail est d’une importance capitale pour notre fils, et pour toute notre famille. Merci !
Maman d’Anastasiia T. – 15 ans, Kyiv, actuellement à Oujhorod. Je veux souligner l’importance du fait que ce projet soit gratuit, permettant ainsi aux adolescents de faire la démarche eux-mêmes — comme l’a fait ma fille. C’était son initiative, son souhait de demander de l’aide. Merci d’avoir répondu à cet appel.
Maman de Polina A. – 14 ans, Dnipro. Ma fille souffrait d’anxiété intense et de crises de panique, qui devenaient de plus en plus fréquentes et sévères. Aujourd’hui, les crises ont totalement disparu, et l’anxiété aussi. Elle a encore des peurs, elle se fait des idées, pense que les autres ne lui parleront pas… Mais le désir de participer dépasse sa peur de l’inconnu. Elle commence à avoir des envies, même si la confiance est encore fragile. C’est un progrès énorme.
